L’établissement public foncier EPORA a adressé un courrier à des habitants du quartier de L’Isle, leur proposant une rencontre afin d’acquérir leur propriété « dans le cadre de la conduite d’une politique foncière visant à la requalification du quartier comportant le pôle automobile sur la Commune de Vienne ».

C’est une occasion de connaître l’existence d’un projet, le « pôle automobile » qui n’a pas fait l’objet de discussion avec les habitants du quartier. Une délibération de Vienne Condrieu Agglomération sur le sujet (datant de septembre 2018) indique que « l’agglomération a engagé une réflexion en associant les concessionnaires qui sont parties prenantes du projet et impliqués dans sa dynamique ». Les habitants eux, ont été oubliés, sauf bien-sûr ceux qui vivent sur le site… pour les inviter à déguerpir.

La convention signée entre Vienne Condrieu Agglomération, la Commune de Vienne et I’EPORA précise que « l’objectif du projet est de conforter la présence des concessionnaires en leur permettant notamment de prévoir une extension de leur activité, mais également d’en attirer de nouveaux en leur proposant du foncier disponible ».

Comme dans la situation de la Coopérative Agricole Dauphinoise, l’EPORA est chargé de réaliser les acquisitions foncières liées à cette opération à la demande et pour le compte de la collectivité, acquisitions qui n’ont d’autre vocation que celle de servir les projets portés par les concessionnaires présents sur le site. Il est aussi chargé de mener des études pour lesquelles l’agglomération participe à hauteur de 50 000€.

Comme dans la situation contestable de la Coopérative Agricole Dauphinoise, on peut s’étonner de l’intervention de la collectivité et de l’établissement public dans un projet porté par des sociétés privées. Il est plus que nécessaire que le Maire sortant dévoile ses intentions sur ce quartier et soit transparent sur la procédure choisie.

Une réflexion doit être menée sur les aménagements du quartier de l’Isle. Nous devons revoir son urbanisme mais en partant des difficultés vécues par les habitants, les lycéens et les collégiens fréquentant le quartier, et non pas en commençant par répondre aux besoins des concessionnaires, aussi légitimes soient-ils.