Le projet immobilier qui va prendre place sur les locaux de la coopérative Dauphinoise, situés rue du Onze Novembre, suscite des désaccords profonds. Ils sont légitimes à plus d’un titre. Les élus de gauche du conseil municipal s’y sont opposés avec raison.

Personne ne conteste le projet de construction d’un nouveau siège pour la coopérative dauphinoise au cœur de la ville. C’est même une bonne chose.  Sont discutables en revanche le projet d’une « résidence séniors services », structure pratiquant des loyers inaccessibles aux Viennois, et la construction d’un nouvel immeuble de standing, quand nous accusons déjà 18% de logement vides en centre-ville.

Par-dessus tout, il est inacceptable que la Ville de Vienne contribue à hauteur de 10% (300 000€) au coût de l’opération portée par Vinci immobilier. Ce projet sert des intérêts privés et non l’intérêt général.  Il n’est pas normal que les Viennois financent, entre autre,  les coûts de dépollution d’un site privé, permettant la réalisation d’un programme immobilier privé dont les profits seront versés dans les seules mains d’une multinationale privée.

Les fonds publics peuvent financer des projets portés par des promoteurs à la condition que le projet réponde un minimum à des préoccupations d’intérêt public. Tel n’est pas le cas dans cette affaire.

Sur la forme, la réaction du maire sortant dans le Dauphiné Libéré  est excessive. Crier à l’outrage et l’indignation ne sera jamais une réponse utile face à la critique et aux désaccords, surtout lorsque ces derniers sont plus que légitimes.